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L'histoire de notre voyage à bord du Cachalot (Martinique/Tahiti - Septembre 2013/Avril 2014) puis sur Tere Moana (Transat - Janvier/février 2020)

22 Dec

San Blas... Faux départ

Notre départ aux San Blas est repoussé de quelques jours. Nous devions nous y rendre après « la mesure », une des nombreuses étapes avant d'avoir le droit d'accéder au canal, mais cela s'avère plus compliqué...

Déjà à l'approche du port de Colon, on se sentait comme une petite tortue tentant de traverser l'autoroute. De nombreux porte-containers mouillaient près de dix milles avant l'arrivée. D'autres avançaient, entrant et sortant du port de Christobal. La houle était bien formée. Le Baiser du Cachalot, avec ses trente pieds et ses quatre nœuds en pointe, s'est donc faufilé jusqu'à la zone d'attente. Là, on a retrouvé Joël, notre copain de mouillage de Portobelo. Lui, la veille, seul à bord de Bigoudi VI, un acier de 45 pieds, avait eu moins de chance : panne moteur dans le canal d'accès au port, vent debout, hissage de voile en urgence, prêt dans le chenal... et problème de chaîne pour mouiller. Nous nous en sortons un peu mieux. On se sent quand même tout petit.

Le jour de la mesure, la liste des trucs à faire annonce encore quelques dollars à rajouter à une facture déjà salée. Les prix ont sérieusement augmentés en 2013. Nouvelle règle, on peut faire du 5 nœuds (au lieu des 8 qui semblaient auparavant requis, même si cette notion joue toujours car elle peut justifier une retenue sur caution). La contrepartie, tous les bateaux de moins de 50 pieds paieront 400 dollars de plus. Mais surtout, les autorités du canal ont des exigences. Nous allons devoir faire fabriquer un système pour assurer de l'ombre au pilote. Non, le simple parapluie ne suffit pas ! Il faut un bimini (sorte de toile permettant de faire de l'ombre dans le cockpit). Les pilotes -dont le syndicat paraît puissant- ne semblent pas être susceptibles de s'en passer. Sauf que sur notre bateau, on ne peut pas mettre de bimini sans bloquer l'accès au taquet... Bref, on va voir à Portobelo, ce qu'il est possible de faire installer par un allemand qui fabrique des voiles. Notre corne de brume n'est pas en règle. Nos taquets non plus, semble-t-il. Les chandeliers n'en parlons pas. Selon le mesureur, on ne devrait même pas avoir à s'amarrer dans les écluses tellement on est petit, fragile et donc dangereux... « Si c'était moi le pilote, je vous amarrerais à un gros qui ferait tout et vous n'auriez qu'à profiter du spectacle ». Au final, ça nous irait pas trop mal. Ce qu'on veut s'est surtout « passer ». Le mesureur a aussi tenu bon de préciser que le pilote ne boit que de l'eau en bouteille scellée, mange à bord et « pas des sandwichs », veut des toilettes fonctionnels avec une porte... Enfin, ça fait au moins deux trois trucs à notre portée.

Résultat de la matinée : nous avons décidé de repasser à Portobelo pour avancer un peu sur cette liste des pré-requis au passage, liste qui bien entendue ne nous dispensera pas ensuite de trouver des défenses, des équipiers en sus et les quatre amarres réglementaires... mais on verra cela en janvier. De l'autre côté, peut-être nous donneront-ils un diplôme ?

Mais autre souci : le vent soufflait à 30 nœuds. On est donc resté bloqué à l'entrée du canal dans le port. La houle était forte malgré les digues. La mer faisait des moutons. L'ancre dérapait petit à petit.. Nos vacances de rêves dans des mouillages de carte-postale commencent étrangement. Nous avions épuisé les épisodes de Game of Thrones, Homeland, Scandal, Suits, l'intégrale des Inconnus et Kamelot. Ni cocotiers, ni sables blancs, on regardait passer les cargos.

Wil a retrouvé une guitare. On a chanté du Renaud. « La mer m'a pris au dépourvu tant pis. J'ai eu si mal au cœur sur la mer en furie. J'ai vomi mon quatre heure et mon minuit aussi. J'me suis cogné partout. J'ai dormi dans des draps mouillés. Ça m'a coûté des sous. C'est la plaisance. C'est le pieds. »

De retour à Portobelo, on a refait le plein (gazoil, eau...). La nav de retour au près dans les cargos et avec une houle toujours forte n'a pas été simple. Enfin, on repart demain vers les San Blas..... Ce coup ci c'est la bonne !

Un joyeux noël à tous.

PS : Ah oui, j'ai coupé la barbe de Wil !!! (mais la photo passe pas)

PS 2 : on discute en ce moment avec le propriétaire du bateau sur lequel on s'entrainera à être handliner sur le canal le 3 janvier (Greg, avec son bateau douarneniste) et avec nos futurs potentiels handliners qui eux aussi vivaient sur Douarn... Bref, ça parle café du port et ateliers de l'enfer sous le soleil. Des fois, on se demande pourquoi on fait tant de kilomètres/miles.

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B
Bonjour , bonne année 2014 et bonne traversée du canal .Amitiés FLB
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