Terminus : Tahiti
Navigation des Marquises à Tahiti
Week-end des 22 et 23 mars 2014 – BipBip et le Coyotte
Wil s'est fait un ennemi sur le mouillage : un requin.
La tension entre eux est montée rapidement. Lors d'une première tentative de pêche, le fil de 100 livres a lâché. Puis, c'est le câble en acier prêté par Alek qui a connu le même destin. Enfin, le requin a avalé l'hameçon et la monture d'acier pour aller couper le boute de spectra.
Wil a alors décidé de se venger. Une petite boutique en ville lui ayant permis de trouver de nouvelles munitions, il a levé l'assaut. Il est aller chasser seul au harpon des petits chirurgiens au abord du port en fin de journée. La visibilité était nulle. On notera que les Marquisiens ne chassent jamais seul, à la tombée du jour, dans une eau trouble et à proximité de lieux infestés de requins. Mais passons, le requin, sournois, l'a laissé faire.
Le premier chirurgien a été mis au bout d'un fil d'acier de 240 livres doublé. Il a été coupé en deux deux. Le second, au bout d'une chaîne de 6mm qui ne devait pas céder. Là, c'est l'hameçon qui a plié.
Comme dans le dessin animé, c'est toujours BipBip qui gagne. Mais, comme le Coyotte, Wil ne s'avoue pas vaincu. Plein de ressources, il réfléchit actuellement à un système de propulsion sous ses palmes lui permettant de poursuivre le requin afin de l'attraper avec ses dents...
Lundi 24 mars 2014 – Et non, Wil n'attrapera pas le requin
Aujourd'hui c'est l'anniversaire de ma grand-mère : Joyeux anniversaire mamie.
A l'heure qu'il est nous sommes déjà loin d'Hiva Oa. Ce matin, il m'est venu l'idée que contrairement à BipBip, notre requin pourrait se lasser et que cela pouvait alors mal se passer. J'ai donc arraché Wil à son combat. The End.
Plus sérieusement, ce matin, nous nous sommes rendu comme tous les jours ouvrables au village. D'abord, 20 minutes de marche sous le cagnard. Et comme à chaque fois, nuages en haut de la montagne et pas de connexion Internet à la Poste. Puis, à l'office de Air Tahiti, pas d'avion avant 15 jours pour Papeete et impossibilité de réserver un avion Papeete/ Paris (Or, je dois me rendre en métropole pour candidater sur Rennes). Enfin, panne générale d’électricité. Et toujours autant de bateau au mouillage (il y a beaucoup de requins mais tout autant de marins, dont certains qu'on verrait bien aussi pendus au bout d'un hameçon). Bref, on a fini par se dire qu'on pourrait se rapprocher de l'aéroport (pour moi), d'un réparateur Volvo (pour le Baiser du Cachalot) et de l'hosto pour trouver un rempla (pour Wil). Du coup, ni une, ni deux : météo, courses, plein d'eau, préparation du bateau et direction Tahiti. On laisse Hiva Oa derrière nous un peu déçu de ne pas avoir vu Bigoudi VI et son équipage arriver. Le bateau, lui, attendra encore un peu pour sa retraite. Après tout, l'âge du départ à la retraite est repoussé pour tout le monde.
On fait route depuis 16h30 avec un petit vent qui nous pousse maintenant au 220° à 4 nœuds.
Mardi 25 mars 2014 – Tout doucement
Ces dernières 24H, nous avons effectué 105 milles avec un vent assez faible comme le prédisait la météo. Toujours selon elle, nous devrions accélérer rapidement. Nous reprenons notre train-train. C'est bat.
Mercredi 26 mars 2014 – Décidément cette météo !
108 milles depuis hier. Décidément la météo dit vraiment n'importe quoi. Enfin, on avance, c'est le principal.
Jeudi 27 mars 2014 – Toujours en direction des Tuamotu
125 milles ces dernières 24H. On s'est habitué aux approximations des prévisions météo dans cette région du monde... Bon, notre carène n'aide pas non plus puisqu'elle est couverte de pousses-pieds (ou anatifes). A ce rythme là, on aura le temps de bien observer les atolls à défaut d'avoir le temps de s'y arrêter et puis de toute façon on n'espère plus arriver dimanche donc autant ne plus aller trop vite pour éviter de capeyer. On profite de la dernière navigation de notre voyage pour fêter notre anniversaire de rencontre : champagne, toasts au guacamole et tartiflette.
Vendredi 28 mars – A 20 milles à l'Est de Takaroa
104 milles depuis hier. On vient à peine de retrouver une petite brise qui nous pousse à 4,5 nœuds. Tout l'après midi, on a gentiment dérive au rythme du courant. Il fait une chaleur impressionnante même la nuit. On aurait même penser que l'orage allait éclater et ce d'autant plus qu'il y a quand même des cumulonimbus mais non... Les nuages ne font ni pluie, ni vent, ni orage ; ils ne font que passer. Le GPS quant à lui nous perd régulièrement faute de signal satellite... Espérons qu'aux Tuamotu, il fera sont boulot pour passer les chenaux entre les atolls.
Samedi 29 mars – A 8 milles au Nord d'Arutua
128 milles depuis hier. Nous avons bien avancé de nuit mais avons eu le droit à la pétole en pleine chaleur de jour. On suffoque sur le bateau. On avance en ce moment à 4,4 de moyenne au grand large... peut-être le vent forcera-t-il cette nuit comme hier.
570 milles depuis le départ. Encore 225 !
Dimanche 30 mars – Entre les Tuamotu et Tahiti
145 milles. Hier soir, un bateau pêche nous a forcé à changer sacrément notre route. Pas très agréable mais impossible de comprendre où il allait (on ne voyait pas ses feux vert et rouge tant il était éclairé) et il ne répondait pas à la VHF. De nuit, le temps a forci. Au changement de quart, Wil m'a lancé « ça devrait se calmer une fois le nuage passé ». Depuis le vent est rester soutenu avec des pointe à 25 nœuds. C'est vraiment dur de prédire la météo.
Lundi 31 mars – Depuis Punaaiua
On est à Tahiti.
113 milles hier, 828 au total et nous voilà à Punaauia (ville au sud de Papeete, où il y a une marina). Dauphins et mouettes faisant du surf sur des morceaux de bois à l'entrée du port une fois passée la barrière de corail. Mais, on était pas au bout de nos surprises : pas de place à Papeete pour le bateau et nécessité de faire encore 1 heure pour trouver le mouillage. On a longé la piste de l'aéroport. Au moins maintenant on est super prêt. Enfin, voilà on y est, crevé mais on retrouve la civilisation. Wil est ravi : la mayo est en libre service au Macdo.
Des Galapagos à Tahiti (3066 et 824 milles)