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L'histoire de notre voyage à bord du Cachalot (Martinique/Tahiti - Septembre 2013/Avril 2014) puis sur Tere Moana (Transat - Janvier/février 2020)

07 Dec

Navigation de Cuba à Panama

Navigation de Cuba à Panama

Jour 1, dimanche 1er décembre 2013

Ce matin, nous nous sommes réveillés à 7 heures pour être prêt à l'arrivée des autorités prévue pour 8 heures. Rien à voir ici avec les formalités en République Dominicaine où les officiels étaient aussi corrompus que fainéants. A Cuba, comme pour notre arrivée, les formalités ont été rigoureuses et dans les temps. Une fois la paperasse remplie, vérification du bateau (au cas où on aurait eu l'idée de faire sortir un cubain) et surveillance. Un homme en uniforme est resté sur le ponton au garde-à-vous jusqu'à notre départ effectif.

Par contre, le choix du jour de départ n'est pas le meilleur. La météo prévoyait pétole le lundi et le mardi jusqu'à la pointe Jamaïcaine. C'est pour cette raison qu'on avait avancé le départ au dimanche. Manque de chance, les prévisions météo à deux jours (notre dernier accès à Internet était vendredi matin) ne sont pas si fiables que cela. Du coup, toute la journée on a du mettre le moteur pour atteindre difficilement les trois/quatre nœuds.

La nuit, le vent nous a permis d'éteindre le volvo. On avance à 4 nœuds avec une allure au bon plein en début de soirée... plutôt étrange car le vent devait être Est-Nord Est pour une allure au travers. Au final, le vent forci un peu et on fait du 6/7 nœuds. Wil prend le premier quart. Moi, le second. Le réveil à 3H est difficile. Deux cargos évités (dont un qui m'aura remercié par VHF) et quelques sept étoiles filantes plus tard, le soleil se lève.

2ème jour

Début de matinée, au petit déjeuner, on aperçoit la pointe Est de la Jamaïque sous les nuages. Le vent faiblit ensuite brutalement et passe en dix secondes d'Est à Sud-Ouest et forcit de nouveau. On frôle un grain. A 9H, soit 24 heures après le départ, on a à peine parcouru 120 miles. Je pense alors à notre traversée du canal de Panama, où les voiliers doivent annoncer qu'ils font du 8 nœuds au moteur au risque de voir doubler le coût déjà très élevé du passage... On tentera d'être crédible.

Ensuite, plus rien. Pétole. On remet le volvo. Le ciel se dégage au dessus de Kingston... On ne s'y arrêtera pas, on préfère atteindre plus tôt Isla Grande au Nord Est de Panama. La journée étant particulièrement calme, j'en profite pour reprendre mes cours d'espagnol et faire du pain. Wil tente à nouveau de pêcher mais rien. On s'occupe en avançant à 3 nœuds sur une mer d'huile. La houle est à peine perceptible. Puis, c'est la panne de gaz. Le pain est juste cuit mais les prochains jours s'annoncent pas top. Enfin, grâce aux rations alimentaires de l'Armée, on aura des salades toutes prêtes, des pâtés et rillettes (Petit navire, Jean Floc'h, Larzul, Connétable... on aurait pu se faire sponsorisé par « Produits en Bretagne »). On échappera à la choucroute froide !

La nuit se passe en grande partie au moteur. On l'arrête de temps à autre mais dès que le bateau n'est plus manœuvrant on doit relancer la machinerie. Il nous faut du vent. Notre réserve de gazole ne nous permettra pas de tout faire au moteur. Nos deux quarts passent lentement, très lentement.

3ème jour

Il est 14H45. On vient de faire 190 miles depuis le départ sur les 664 miles qu'il nous faut parcourir entre Cuba et Panama. On vient de rejoindre la latitude de la Guadeloupe. En 54 heures de navigation, c'est peu. A peine du 3,5 nœuds de moyenne et surtout grâce au moteur.

La matinée se passe à 1,5 nœuds sans moteur, le génois est sorti en remplacement du foc. Wil vide le restant du bidon de gazole dans le réservoir. Il nous reste une autonomie de 30 heures. Nous choisissons d'économiser autant que possible. On prépare le grap-bag, non pas qu'on est besoin du sac de survie tout de suite mais autant anticiper pour plus tard. Je rédige une check-list qui nous permettra de compléter son contenu et surtout de vérifier avant les navigations longues. Une petite procédure qualité en somme. Puis, une prise : un beau thon qui finit aussitôt en ceviche pour le soir (on espère que cuit dans le citron, il tiendra pas trop mal) et en fines tranches qu'on mange crues avec de la sauce soja pour le midi.

Enfin, en début d'après-midi, retour discret du vent. Un petit souffle d'Est permet au Cachalot, toujours bien toilé à l'avant, de faire du 4 nœuds. On est tout émerveillé de revoir le bateau glisser sur l'eau sans ronronnement mécanique. Pourtant 4 nœuds, c'est en gros 7 km/h, soit lent ... Je lisais ce matin les mémoires de Florence Arthaud, Un vent de liberté : elle faisait du 20 nœuds de moyenne avec son Pierre Ier. Enfin, pour nous, l'important est d'arriver et si possible sans casse.

Le soir, ce sont des dauphins qui jouent avec l'étrave du bateau. On entend leur bruits. La coque doit faire l'effet d'une caisse de résonance. On remet de foc à l'avant. Nos deux quarts se passent bien. Pas de cargo et un vent qui permet de poursuivre au-delà des 6 nœuds de moyenne. Enfin ! On sort de régulateur d'allure et on range le pilote automatique. On observe les étoiles. Je pense à l'article que j'ai lu dans la journée sur la matière noire. J'aimerais bien avoir avec moi un bouquin sur les étoiles.

4ème jour

Comme la nuit passée, le vent est toujours correct. La houle étant très faible, on glisse sur l'eau au bon plein direction 200 degrés avec des pointes au-delà des sept nœuds. Le matin, à la fin de mon quart, une odeur de poisson emplit le cockpit. C'est un poisson volant qui s'est échoué sur le pont. Wil s'en sert comme teaser pour pêcher. Ça mort aussitôt : notre première dorade coryphène. En l'absence de gaz, elle finira comme le thon : un repas japonais pour le midi et un ceviche pour le soir. Du bon saucisson avec du pain, du fromage et une bonne bouteille de vin auraient fait l'affaire aussi... mais bon.

L'après-midi, notre vitesse est approximativement de 6 ,5 nœuds. A 14H40, on a fait 326 miles depuis le départ dont 136 sur les dernières 24 heures soit une moyenne de 5,7 nœuds. La fatigue commence à pointer le bout de son nez, le bateau est sale, le cockpit sent toujours le poisson... mais on est content.

La nuit se passe sur le même rythme. Le ciel est dégagé. La lune réapparaît en début de nuit. On suit l'évolution d'Orion dans le ciel. Il est de plus en plus difficile de tenir face au sommeil.

5ème jour

24 heures plus tard, on vient d'atteindre les 480 miles depuis le départ. On a progressé de 154 miles. Notre meilleure moyenne depuis le début du voyage : 6,42 nœuds. Autre record : pointe à 8,6. Le vent est passé à 5 Beaufort (bonne brise). La houle est un peu plus forte qu'hier. La mer se creuse. En plus du ris pris hier soir sur la GV, on en prend un sur le foc.

Wil comme moi sommes un peu en mode « économie d'énergie ». Les siestes en journée à tour de rôle s'allongent. Si seulement, on pouvait se faire un bon café chaud (Wil le boit froid ; j'ai abandonné l'idée) ! On va pourtant devoir prendre notre temps et rallonger un peu la route au risque d'arriver dans la nuit de vendredi à samedi. On choisit une direction plus à l'Ouest au 220° pour éviter la route des cargos qui descendent par le canal entre Cuba et Haïti. Demain, si le vent reste constant, on entamera un long bord au près.

Et puis, en fin d'après-midi, une daurade mord à l'hameçon. Nouveau sashimis. On mange japonais tous les jours. Le poisson a attaqué le teaser. Le leurre a disparu ; le câble en acier est sectionné : probablement un requin passé juste avant.

La nuit, le vent forcit un peu encore. Les creux sont plus importants. Quelques éclairs au loin, qu'on évitera. Pas de navire en vue toutefois. Nos deux quarts se passent sans souci même si la fatigue accumulée commence à peser.

6ème jour

Dès le petit matin, comme prévu, on se met au près. On fait des montagnes russes avec des vagues qui atteignent parfois les 4 mètres. Des paquets de mer nous mouillent dans le cockpit. La mer est bien moutonneuse, pas mal de crête d'écume. On est passé de 5 à 6 Beaufort (vent frais). Certaines pointes vont jusqu'à 30 nœuds. On file quant à nous à 6 nœuds alors qu'on a toujours les deux ris. On surfe sur les vagues. On va arriver trop vite.

A 14h45, on fait le point : 624 miles depuis le départ et 144 depuis hier. Notre moyenne reste élevée, 6 nœuds, malgré la réduction de voilure. En milieu d'après midi, on se met à la cape (vent de travers, foc à contre, toujours les deux ris). On dérive à 1,8 nœuds vers l'Ouest. On doit attendre le début de la nuit pour refaire route.

Nos deux quarts se passent bien. On évite les quelques cargos sur la route dont un porte-avion peu enclin à nous laisser la priorité et on aperçoit la côte panaméenne. Au final, on n'ira pas mouiller à Isla Grande mais à Portobello plus au sud, espérant trouver plus de facilités (notamment du gaz!) dans une ville plus grande.

En tout, une navigation de près de 700 miles, six jours, trois belles prises. Peu de casse : le foc a perdu une latte, on en a cassé une seconde. De la fatigue mais une grande satisfaction.

Photo pour Guigui afin qu'il reste fidèle au blog  (Wil, le plus grand des prédateurs)

Photo pour Guigui afin qu'il reste fidèle au blog (Wil, le plus grand des prédateurs)

Le thon

Le thon

Navigation de Cuba à Panama
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Les deux dorades et un petit poisson volant
Les deux dorades et un petit poisson volant
Les deux dorades et un petit poisson volant

Les deux dorades et un petit poisson volant

Navigation de Cuba à Panama
Navigation de Cuba à Panama
Navigation de Cuba à Panama
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L
Je suis d'accord avec Guigui, il faut faire quelque chose a la barbe...
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G
Je suis jaloux de vos poissons hehe!! Vous etes devenu des pros du ceviche maintenant!!
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G
Wilou fais qqch a ta barbe! T'as plus de poil en bas du visage qu'en haut!!
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À propos

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