1er passage du canal
Nous venons de passer le canal... mais avec un autre bateau, le Calonec, de Dz. Au final, c'est cool d'avoir eu cette première expérience car cela dédramatise beaucoup. Une fois les formalités administratives réalisées, le passage en lui même n'est pas trop compliqué.
Nous sommes partis le matin à 6H de Portobelo sur le bateau de Greg qui voyage avec un de ses amis, Dédé. Tous les deux sont originaires de Saint Gilles Croix de vie et naviguent depuis longtemps. A notre bord, il y avait aussi Lucas, un Suédois de 23 ans qui vit depuis deux années à Portobelo sur un vieux bateau qu'un ami de bar lui a donné.
Le passage a démarré ver 15H30 lorsque notre premier transit adviser, Francisco (comme le pape a-t-il précisé) est arrivé à bord. A peine une quarantaine de minute plus tard on entrait dans la première chambre de l'écluse Gatun derrière un porte-container orange qui dégageait une épaisse fumée noire. Les portes se sont refermés, Dédé chantant « les portes du pénitencier »... Ensuite, réception des toulines, amarrage et reprise progressive de l'aussière au fil de la remontée de eaux et réouverture des portes. On a réitéré la manœuvre deux fois dans les secondes chambres et atteint ainsi le lac Gatun, 27 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Le lendemain, un nouveau transit adviser, Rici, est arrivé à 7H. La traversée de Gatun a été assez longue (3H) puis le canal pour la seconde écluse nous a encore pris 3H. Ce coup-ci on est entré en premier dans l'écluse Pedro Miguel suivi d'un gigantesque pétrolier (un Panamax, une fois dans les écluses, il reste une vingtaine de centimètres de chaque côté). Là, même manœuvre en sens contraire. On a laissé filer l'aussière au lieu de la reprendre. Ensuite, les deux chambres de l'écluse Miraflores et les portes s'ouvraient sur le Pacifique et le pont des Amériques. C'est à l'avant dernière chambre que l'on est filmé et le jour du passage il y avait en plus une bonne centaine de personnes qui regardaient le spectacle. Un animateur commentait : « Eh oui, c'est gens ont payé 1875 dollars pour passer le canal ! »... genre il faut vraiment être passionné (ou stupide !) pour faire cela. Wil a levé le bras en signe de victoire, suivi d'applaudissement de la foule... Le canal ça vous fait devenir une star.
Enfin, mis à part la toute dernière chambre où l'avancée du panamax derrière nous a engendré un courant de malade, rien de dur. C'était plutôt une chouette aventure.
On est ensuite revenus sur Portobelo en taxi. On a récupéré les quatre amarres réglementaires, les pneus pour faire défense... bref, on est quasiment prêt pour notre passage. Il nous reste à trouver nos trois équipiers et à payer (en liquide à Colon, c'est sans doute surtout à cette étape que c'est flippant) et ce sera notre tour.