Derniers moments à Portobelo – le passage du canal de Panama est enfin programmé
Nous vivons nos derniers jours côté mer caraïbe... eh oui, mardi prochain, le 14, nous ferons route vers Colon pour la traversée du canal. Nous devrions dans le Pacifique entre 13H et 16H le 15, soit le jour des 31 ans de Wil.
Notre équipage est au complet :
Wil, en tant que Capitaine, fera le skipper à la barre
Je jouerai le handliner expérimenté, fort d'une expérience d'un passage (attention)
Alain, un belge francophone d'une soixantaine d'année, qui vit à Portobelo nous a gentiment proposé de nous aider. Il a été le premier patient de Wil sur le mouillage. C'est le second handliner de l'équipage. Lui aussi, est passé... plusieurs fois. Comme il nous l'a dit, en Belgique, il y a pleins d'écluse... Panama, rien de sorcier.
Gaert, un sud africain anglophone d'une quarantaine d'année, veut passer pour l'expérience « marine » avant de traverser avec son propre bateau en février. Il a répondu à notre appel VHF d'hier matin. Ce sera le troisième handliner.
John, un jeune bagpacker d'environ 22 ans, anglophone et partiellement francophone, fera le quatrième et dernier handliner. Il voyage depuis longtemps et vient d'arriver sur Portobelo. Il souhaite gagner un peu d'argent en vendant des articles en cuir sur la place. On va lui offrir le gîte et le couvert à bord d'ici le passage, ce qui a défaut de lui faire gagner des sous lui permettra de ne pas trop en dépenser dans les hostals (chambres d'hôte) du coin qui pratiquent plus des prix d'hôtels.
Nous allons donc quitté le port de Portobelo qu'on a rebaptisé « Porto-Mocho » puisque une vie de village s'y déroule essentiellement dans les bars de la ville pour les marins de longue date. Des clans se sont formés. Chacun a son bar. On passe de l'un à l'autre en laissant traîner nos oreilles... A priori un différent oppose Birgite, l'allemande, la tenancière du bar « Casa Bela », à Maria, la patronne d'une taverne du centre. Jack, le patron du bar le plus cher, celui où passe les bagpackers, le Captain Jack, semble s'être rangé du côté de Maria. Certains clients eux aussi ont pris partie. Tout ce petit monde, qui se connaît depuis longtemps, passe des après-midis entières à médire... Les bières panaméennes sans goût coule à flot. La cirrhose bat son plein.
En lisant ces quelques lignes, vous comprendrez qu'on est pas si malheureux de partir. Les dangers pour les marins ne sont peu être pas tant en mer qu'en escale prolongée.
L'ambiance peut néanmoins être sympathique car heureusement tout le monde ne joue pas ce jeu là. Hier, notre voisin de mouillage, surnommé Winni, est venu à bord pour papoter de Cuba et d'Haiti. Il est probable qu'il s'arrête prochainement à Mole St Nicolas... Le bateau « Winni » sera peut-être le sixième bateau en deux ans qui mouillera au Boucan Guinguette.
Le soir, Cécile et Daniel, deux journalistes marins, nous ont invités à leur bord. Tous deux organisent comme beaucoup de marins ici des transit vers la Colombie en passant par les San Blas, business au demeurant assez lucratif étant donné que les bagpackers à Panama ne trouvent pas de route pour poursuivre leur périple vers le Sud de l'Amérique. Ambiance détendue. Discussions de marins : chasse sous marine, qualité d'annexe et de régulateur d'allure.
Ils avaient aussi invité Thomas, un marin solitaire parti de Martinique que Wil connaît bien. J'ai enfin trouvé quelqu'un avec qui échanger mes bouquins de sciences fiction... Il faut toutefois que je finisse les 100 dernières pages d'Olympos de Dan Simmons d'ici demain.
On gardera au final un bon souvenir de Portobelo, petit port qui a son charme mais dans lequel on ne souhaite pas prendre racine.

